Mikao Usui
 Origine du Reïki : entre légende et histoire...

Tous ceux qui pratiquent le Reïki, a fortiori ceux qui l'enseignent, savent bien que, même si elle est quasiment contemporaine, l'histoire du Reïki s'est construite d'emblée sur une falsification de faits historiques, transformant la biographie de son fondateur, Mikao Usui, en une légende assez peu crédible.
Heureusement, quelques grands praticiens du Reïki ont eu suffisamment confiance dans cette pratique pour la dégager de ses erreurs de départ et établir une biographie de son "créateur" et une filiation crédibles.
Il n'est cependant que de consulter quelques-uns des nombreux sites internet consacrés au Reïki, de feuilleter les ouvrages en rayon des meilleures librairies sur le sujet, pour constater que, encore actuellement le pire cotoîe le plus sérieux.   Il est donc évident que la plupart des personnes qui arrivent au Reïki et demandent à se faire initier ont été en contact avec les histoires les plus fantastiques qui circulent.

Un Maître Reïki aura donc le souci de rétablir les faits, tels qu'on les connaît maintenant, même si le sujet offre encore de multiples champs de recherche.

Je remercie M. Jean-Pierre CHUPIN, Maître Reïki - auteur de l'excellent ouvrage "Reïki, le livre du Maître" aux éd.  Alphée - à qui j'ai emprunté les extraits suivants pour contribuer à rétablir une vérité qui ne peut être dissimulée plus longtemps...

Le Reïki a été "inventé" par un Japonais du nom de Mikao Usui, au début du siècle dernier.
Il s'inscrit dans un courant de méthodes de soins utilisant l'imposition des mains, qui existaient à l'époque au Japon.   Comme tous ces mouvements, il se rattache aux pratiques de soins traditionnelles du Qi Gong, qui font partie du grand ensemble de la médecine chinoise.   Sur un plan spirituel, le Reïki s'inscrit dans les courants bouddhiste et shintoïste.

Le Shintoïsme est la religion la plus ancienne pratiquée au Japon.   Animiste et polythéiste, il proclame le culte de la nature, de la pureté spirituelle et de la communion de l'homme avec les dieux (divinités et ancêtres de la famille).   Il n'y a pas de bien ni de mal dans cette religion.   Les malheurs de la vie sont considérés comme une perturbation de l'ordre naturel des choses.   L'au-delà ne fait pas partie des préoccupations du shinto ; contrairement au bouddhisme, avec qui le shinto va trouver une complémentarité.

Le bouddhisme est arrivé vers l'an 600 au Japon.   Des temples se sont édifiés, intégrant les divinités shintoïstes, ce qui a permis l'expansion du bouddhisme au Japon et son intégration dans les pratiques culturelles japonaises.   De fait, il n'est pas contradictoire de se proclamer à la fois shintoïste et bouddhiste, l'un pouvant être considéré comme la religion de  la vie et l'autre de la mort.
Toutes ces influences vont se retrouver dans le Reïki.   Pratique de travail sur l'énergie, comme dans le Qi Gong, le reïki demande à l'initié une période de purification qui "renvoie" à la "pureté" shintoïste.   L'intégration de symboles, de mantras, de méditations, de travail sur plusieurs plans de conscience correspond à l'approche spirituelle bouddhiste.   Les symboles utilisés dans le Reïki proviennent du shinto, et d'autres du bouddhisme, venus d'Inde, en passant par le Tibet.  L'originalité du Reïki par rapport au Gi Qong, c'est qu'il repose sur un processus d'harmonisation qui s'effectue au cours d'une série d'initiations.   Le Reïki ne s'apprend pas au cours d'un enseignement plus ou moins long, de cours théoriques et de travaux pratiques.

Biographie de Mikao Usui, fondateur du Reïki.

Le Reïki est une pratique mise au point aux alentours de l'année 1920 par un Japonais, Mikao Usui (1865 - 1926).   Ses élèves l'appelaient Mikao Senseï, qui veut dire enseignant ou professeur.   En occident, de nombreuses citations lui donnent le titre de docteur, bien qu'il n'ait pas été médecin.

Mikao Usui naît le 15 août 1865 d'une famille bouddhiste dont le père est militaire.   Il est élevé dans le culte bouddhiste tendaï.   Adulte, il exerce plusieurs professions : fonctionnaire, homme d'affaires pendant un temps, secrétaire du "maire" de Tokyo.   Il se mariera et aura deux enfants.   Mikao Usui va s'intéresser à des recherches spirituelles et à des pratiques ascétiques diverses.
Pendant la période de l'empereur Meiji (1868 - 1912), plusieurs techniques d'imposition des mains étaient enseignées au Japon.   La plupart de ces groupes ont disparu après la seconde guerre mondiale.   Un de ces groupes, appelé Tairedou, était animé par Morihei Takata, qui apparemment a été le professeur de Mikao Usui.   On ne sait pas cependant exactement ce que Mikao Usui a appris de Morihei Takata.
Il est tout à fait vraisemblable que Mikao Usui a créé sa propre méthode, synthétisant plusieurs techniques faisant appel à la transmission de l'énergie.


 
En avril 1922, il fonde une organisation : la "Usui Ryoho Gakkaï", dont il devient le premier président.   Il ouvre également une clinique de soins à Aoyama à Tokyo.   Mikao Usui institutionnalise les différents niveaux d'initiation.   Il intègre dans la pratique de guérison une éthique spirituelle.   Il enseigne à de nombreuses personnes (plus de 2000 d'après l'inscription figurant sur sa stèle funéraire).
En 1925, sa clinique devient trop étroite et il ouvre un nouvel établissement à Nakano, un quartier de Tokyo.   Il se rend dans tout le Japon pour enseigner et soigner.   Des centres Reïki ont été fondés par lui dans plusieurs endroits du Japon.   Le 9 mars 1926, lors d'une tournée à Kuré et Saga, Mikao Usui succombe à une attaque cérabrale.   Il meurt à Fukuyama dans le district d'Hiroshima.


Stèle funéraire de Mikao Usui





La légende autour de Mikao Usui.
 
Dès le développement du Reïki en occident, une biographie légendaire du fondateur du Reïki Mikao Usui a été diffusée.   Elle est largement due aux propos et écrits de Mme Takata qui a diffusé le Reïki en occident.
On trouve dans des ouvrages écrits jusqu'en 2000, et encore aujourd'hui sur de nombreux sites Internet, une présentation quasi christique de Mikao Usui.

Il est présenté comme un moine chrétien, portant le titre de docteur en théologie (dans certaines biographies il est médecin).   A l'occasion d'un cours à l'université ou d'un sermon lors d'un office, il est interpellé par des étudiants japonais qui lui demandent de réaliser des guérisons à l'instar de Jésus-Christ.   Dans l'incapacité de la faire, il démissionne de sa fonction et commence une recherche et une pérégrination qui le conduisent au Etats-unis et dans plusieurs villes du Japon.

Lors d'une rencontre avec un moine zen, il décide alors d'entreprendre sur le mont sacré bouddhiste Kurama une méditation et un jeûne de vingt et un jours.   Au dernier jour, de cette ascèse, il a soudain un "satori" que l'on peut traduire par une "révélation" qui lui apporte la technique du Reïki et des symboles utilisés.
De retour dans le monde, il se met alors à guérir par imposition des mains et réalise ce que certains considèrent comme des miracles.

Il se met à soigner des pauvres gens pendant sept ans avant de prendre conscience que sa pratique est vaine si elle n'est pas en mesure de proposer une évolution de l'esprit, en même temps qu'une guérison physique.   Il renonce aussi à la gratuité des soins.   Il émet alors les "principes" éthiques du Reïki.   Il ouvre une clinique de soins à Tokyo, qu'il doit agrandir lorsqu'il soigne des victimes du tremblement de terre de 1922.   Il initie au Reïki de nombreuses personnes.   Parmi les nombreux faits remarquables qui lui sont attribués, on trouve notamment le récit d'une guérison miraculeuse qu'il aurait apporté au tsar de Russie Nicolas II.   Il meurt en 1926, ayant décidé lui-même de sa fin, dans les bras de l'Empereur du Japon.

On a supposé que l'élaboration de cette légende, et notamment le fait qu'il est présenté comme un moine de confession chrétienne a été destinée à favoriser l'introduction du Reïki aux Etats-Unis.   On peut aussi penser que tout mouvement a besoin d'un fondateur mythique.






 

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