Les 5 gokaï

Aujourd'hui, pas en colère tu ne te mettras...
Aujourd'hui, juste pour aujourd'hui, pas de soucis tu n'auras...
Aujourd'hui, tes aînés, tes professeurs et tes maîtres tu respecteras...
Aujourd'hui, ta vie honnêtement tu gagneras...
Aujourd'hui, de la gratitude envers tout ce qui vit tu montreras...
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        Les cinq gokaï, tels que les a exposés Mikao Usui, ont pour but de permettre à la personne de prendre sa vie en charge sur le plan émotionnel et mental et de donner un sens spirituel à son existence.
Lors de ses recherches sur la guérison, Mikao Usui questionna les moines des différents temples bouddhistes de son époque :
"Avez-vous le don de guérir par imposition des mains ?"
Voici ce qui lui fut répondu : "Guérissez en premier l'esprit, l'âme ou la conscience, et le corps retrouvera l'état de santé originel !"

Avec les cinq préceptes, Mikao Usui ne cherchait pas à créer une nouvelle religion - il y en avait déjà suffisamment - mais souhaitait permettre à chacun de réaliser qu'il ne pouvait y avoir de réelle guérison sans une modification de la conscience.   Il avait compris cela en traitant les mendiants de Kyoto, qu'il voyait revenir à lui, après plusieurs années, dans la même condition où il les avait trouvés, illustrant le principe selon lequel ce qui ne revient pas à la conscience revient sous forme de destin...
Ainsi, il se rendit compte qu'il avait guéri les corps, mais qu'il n'avait pas su aider ces personnes à se prendre en charge elles-mêmes sur le plan mental et spirituel.   Il se souvint alors de ce que les moines lui avaient appris : tourner son regard vers l'intérieur, éveiller sa conscience, trouver les souffrances afin que la guérison physique advienne.

C'est à partir de ce moment-là qu'il modifia, nous dit-on, sa pratique et son enseignement du Reïki.   Il ne proposait la guérison qu'aux personnes capables de se prendre réellement en charge ou, à tout le moins, d'apprécier les soins donnés.   Il enseigna des règles de vie afin que chacun puisse participer à son propre processus de guérison.   Il insista sur les différentes positions de l'autotraitement et sur la nécessité de traiter le corps dans son intégralité afin de ne pas soigner seulement la partie malade apparente.   Et à ceux qui étaient prêts, il enseignait "la Véritable Lumière"...

Nous avons tous remarqué combien il est difficile de maintenir un engagement, des voeux ou des préceptes sur un long terme, voire sur une vie entière.   Le "moyen habile" de Mikao Usui consista à proposer que chacun respecte ces différentes règles juste une journée, et recommence le lendemain, puis les jours suivants !   On ne devait pas éprouver de culpabilité si l'un des préceptes n'avait pu être observé en totalité durant une journée.

Ces différentes règles constituent une ligne de vie à suivre si nous voulons maintenir notre monde et celui d'autrui en parfaite harmonie.   A chacun de faire son possible pour les garder à l'esprit.   Je pense qu'elles ne seraient pas complètes sans une pratique régulière du Reïki.   Nous devons également apprendre à reconnaître les leçons que contiennent nos émotions, la colère par exemple, ainsi que les soucis qui nous habitent.



 


 
 
 
"Aujourd'hui, pas en colère tu ne te mettras..."


Au sein de la tradition bouddhiste, il est enseigné que la colère est la plus négative  des émotions perturbatrices, avec le désir / attachement, d'une part, et l'ignorance ou l'opacité mentale, d'autre part.   La colère se traduit par l'agression, la haine et l'arrogance.   Toutes ces émotions sont une entrave et un obstacle à la réalisation de l'Eveil.
 
 
 
La colère est particulièrement destructrice, tant pour soi-même que pour les autres.   Elle traduit un inconfort : la personne qui l'exprime se trouve momentanément déstabilisée et déséquilibrée dans son énergie.   Il est facile de répondre à la colère par la colère.   C'est pourquoi, face à un individu manifestant ce type d'émotion, l'antidote consiste à développer en soi la compréhension et le non-jugement.   Les différentes émotions négatives s'élèvent dans l'esprit et sont créées par lui.   J'ai le profond sentiment que, parallèlement à la pratique du Reïki, une approche méditative telle que le "calme mental"  doit être enseignée, afin d'élargir l'espace entre soi-même et ses propres émotions, et de faciliter la reconnaissance et la libération de celles-ci avant même qu'elles soient devenues actives.   Même si quelqu'un ou quelque chose d'extérieur nous met en colère, il n'est  que l'élément déclencheur, le révélateur d'un manque qui existait déjà fondamentalement en nous.



      
 
 



"Aujourd'hui, juste pour aujourd'hui, pas de soucis tu n'auras..."

 
 

Lors d'une émission télévisée, Bernard Pivot demande au Dalaï-Lama pourquoi il est toujours souriant, joyeux et détendu.   Il a, en effet, toutes les raisons d'être affligé et soucieux car, bien qu'étant un simple moine - comme il se définit lui-même - il n'en est pas moins le chef spirituel et temporel d'un pays vivant l'un des grands génocides de notre temps : un génocide à la fois culturel, religieux et physique, il faut le rappeler.   Le Dalaï-Lama explique alors que si un problème surgit dans notre vie et que nous savons qu'il y aura de toute façon, tôt ou tard, une solution, il est donc complètement inutile de nous inquiéter.   Et, dans le cas où il n'y a aucune solution...   et bien, il est également inutile de se faire du souci, puisqu'il n'y a pas de solution !

En une autre occasion, il dit aussi ceci : "Celui qui est un peu sage dans la vie peut réaliser cela : l'inutilité de s'inquiéter !   Ne vous inquiétez pas de ce qui viendra plus tard ; occupez-vous des situations quand elles viennent..."

Les problèmes se suffisent à eux-mêmes, il n'est donc pas utile de développer encore plus d'inquiétude à leur sujet.   Si l'esprit est établi dans la pleine conscience du moment présent, bien souvent, les choses s'arrangent et trouvent leur harmonie.   Dans le zen,il est enseigné de ne faire qu'une seule chose à la fois, avec la juste motivation, et de garder l'esprit serein et satisfait !   La clé, c'est de revenir à l'instant présent constamment.

Ce second précepte est une réelle invitation à revenir à l'instant présent et à vivre celui-ci en totale conscience.   En se concentrant sur ce qui est, d'instant en instant, un espace de paix s'ouvre à l'intérieur de soi, libérant des sentiments d'espoir et de crainte, et de l'attachement excessif que l'on témoigne aux choses.

J'aime tout particulièrement cette très belle citation du Bouddha :

 
 
"Ne poursuivez pas le passé.
Ne vous perdez pas dans le futur.
Le passé n'est plus.
Le futur n'est pas encore.
En regardant attentivement la vie telle qu'elle est.
Ici et maintenant.
Le pratiquant demeure stable et libre.
Soyons diligents aujourd'hui.
Demain il sera trop tard.
La mort vient sans prévenir.
Et l'on ne marchande pas avec la mort.
Qui sait comment demeurer
Nuit et jour dans la pleine conscience
Est appelé par le Sage :
Celui qui connaît l'art de vivre seul."


 
 
 
 
 




"Aujourd'hui, tes aînés, tes professeurs et tes maîtres tu respecteras..."


 
Ce précepte, qui était tout à fait adapté à la société japonaise de l'époque, témoigne du respect porté à tous ceux à qui nous sommes redevables, comme nos parents, mais aussi à ceux qui nous dispensent un enseignement, un savoir ou encore qui possèdent la  sagesse de l'âge.   Ce type de respect n'est en fait pas réservé à une seule culture ; il permet de maintenir l'harmonie entre les différentes générations.   En Orient, notamment, le respect et la reconnaissance témoignés aux sages, aux guides et à ceux qui transmettent la connaissance ou montrent la Voie, sont extrêmement naturels.   Un maître spirituel, si nous en avons un, est celui qui éveille notre dimension divine alors que nous ne sommes pas encore en mesure de la reconnaître.   Les enseignants quels qu'ils soient partagent leurs expériences, apportent leurs compréhensions et font de nous des êtres meilleurs...   Témoignons-leur du respect...

 




"Aujourd'hui, ta vie honnêtement tu gagneras..."

 
 
"Une "conduite juste" est source de bonheur pour soi et pour les autres, et tant qu'on y adhère, on peut être sûr d'être sur la bonne voie."

Gagner sa vie honnêtement, honorablement, et ne pas exercer de métiers qui nuisent à autrui, pourrait être une règle de base pour une société idéale.   Il nous faut travailler pour vivre, c'est une réalité que personne ne peut nier.
Tâchons de donner un sens noble à notre profession, par l'aide et le bénéfice qu'elle peut apporter sur un plan individuel ou collectif.   Nous manifestons, par son intermédiaire, la réalité de l'interdépendance, où chaque individu d'une même société apporte sa contribution à l'ensemble.   C'est pourquoi nous devons trouver un mode d'existence juste et sans tromperie, qui aide, si possible, chacun à générer encore plus de paix dans sa vie et dans celle des autres.   Nous développons, à travers notre travail, un certain sens de responsabilité et d'appréciation, et contribuons ainsi à l'Energie de Vie.




 
 
 
 

Aujourd'hui, de la gratitude envers tout ce qui vit tu montreras...


"Ce n'est pas nous qui vivons, c'est l'univers qui nous fait vivre.   Nous ne vivons pas seul, mais grâce aux autres.   Notre vie est un don précieux qu'ils nous font.   Aussi devons-nous cultiver un sentiment de respect et de reconnaissance non seulement vis-à-vis des personnes vivantes ou décédées à qui nous devons d'être là, mais encore pour chaque objet que nous utilisons, aboutissement des efforts des autres.   La vie est partout et dans chaque chose..."


Si nous comprenons ce précepte, nous n'éprouverons plus de la gratitude envers les seuls êtres humains, mais envers toutes les manifestations de la vie dans l'univers y compris, si possible, le monde invisible.   Nous réaliserons que ce sont le même souffle de Vie, la même Energie et le même Amour qui circulent en chaque créature.   Nous saurons que chacun porte en lui-même cette étincelle d'éveil, cette conscience divine, et que nous devrions respecter toutes les formes de vie sans distinction.   Peut-être alors développerons-nous  cette vision holographique de la vie, où tous les niveaux de conscience sont en résonance les uns avec les autres, et où tout doit être en parfaite harmonie pour pouvoir exister.   Montrer de la gratitude est un état de conscience, une disponibilité et une présence continue.   Nous porterons la même attention à chacun de nos gestes, à chacun de nos pas.   Nous deviendrons conscients de chacune de nos paroles, et même de chacune de nos pensées.   La vie est partout, parce que tout est énergie.   Exprimer de la gratitude ne sera plus seulement une question de comportement ou une simple théorie ; cela ne nous demandera aucun effort, dès lors que nous commencerons à réaliser le sens de la non-séparation et de la non-dualité ultime entre soi et les autres.   Il en sera de même pour chacune des cinq règles de vie du Reïki, car elles sont en fait issues fondamentalement de cette prise de conscience.

Peut-être pourrions-nous ajouter celle-ci : "Juste pour aujourd'hui, donnons-nous du Reïki."




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